Samedi 16 mars 2019

La 2éme soirée du FIWA sera INOUBLIABLE: Quelle affiche !! Oumou Sangaré, Toumani Diabaté, Cheick Tidiane Seck : ces trois là sont des amis de longues dates et ils ont rarement l'occasion de se trouver tous les 3 au même programme.

En ouverture, une troupe de jeunes danseuses du Wassulu charmera l'audience avec des chorégraphies originales.

Oumou Sangaré

Lionne à la voix d’or, Oumou Sangaré est une star. Incontestablement.

 

 

Mais elle est aussi bien plus que cela, et c’est ce qui explique la place de choix qu’elle tient dans le cœur de bien des maliens. Tout d’abord parce qu’elle vient du peuple, et qu’elle a grandi dans la difficulté : sa mère se retrouve seule avec 5 enfants en bas âge, dont la petite Oumou qui dès 5 ans (et de son propre chef) fait son possible pour ramasser 3 sous et aider sa maman. L’enfant a déjà une très jolie voix et elle charme tout le monde quand elle se produit dans les mariages ou les cérémonies de circoncision. Elle part vendre de l’eau sur les marchés, fait des ménages… Et apporte de l’argent à  sa mère, stupéfaite. « Je voulais effacer la souffrance de ma mère… ». C’est ce qui l’a poussée à chanter, à écrire des textes qui dénonces les injustices sociales et qui défendent les femmes

 

 

Mais cette souffrance lui a aussi donné le sens de l’écoute et de la compassion : Oumou ne ferme jamais la porte… Combien de gens a-t-elle aidé ? Et si aujourd’hui, de nombreux jeunes viennent lui demander conseils, c’est parce qu’au-delà de sa réussite Oumou Sangaré est devenue un symbole.

 

 

Cette volonté à sortir sa famille de la misère lui a également donné le goût de l’effort et du travail. C’est une acharnée du boulot, toujours prête à entreprendre (Hôtel, Marque de voiture, Campement culturel de Yanfolila), et voulant toujours se surpasser. Et c’est dans la musique qu’elle est le plus exigeante : « Je n’ai pas le droit de décevoir mon public ! ». Alors qu’elle célèbre ses 30 ans de carrière, elle vient de sortir « Mogoya », un album d’une modernité étonnante qui surprend tout le monde et qui enchaine les tournées internationales depuis 2 ans.

 

 

 

Car, au fil du temps, Oumou Sangaré a conquis le public bien au-delà des frontières de l’Afrique de l’Ouest. Europe, Etats Unis, Australie, Inde, Maghreb,  Japon… Partout, elle se produit dans les salles les plus prestigieuses. Mais Oumou n’oublie jamais d’où elle vient. Et elle chante avec la même ferveur à l’opéra de Melbourne, pour la cérémonie des 60 ans de la déclaration des droits de l’Homme que pour les enfants dans un village de la brousse.

 

 

 

Le Fiwa est une nouvelle aventure. C’est non seulement une manière d’honorer la terre de ses ancêtres, mais aussi un moyen d’aider de jeunes artistes du Wassulu à émerger. Car Oumou mêle  futur et passé, dans sa musique et dans sa façon de vivre : elle regarde vers l’avenir, tout en gardant le sens des valeurs.

 


Toumani Diabaté

Descendant d’une prestigieuse et très ancienne lignée de griots, Toumani Diabaté est sans doute le joueur de Kora le plus célèbre du monde. Non seulement parce qu’il est un virtuose exceptionnel, mais aussi parce qu’il est un musicien qui a su allier la tradition avec une incroyable ouverture sur le monde et ses cultures diverses. Grâce à lui, la kora est devenue un instrument de la musique universelle.

 

 

Tout commence en 1987 en Angleterre,  quand il y enregistre « Kaïra », le premier album international uniquement dédié à la kora. Mais le bouillant Toumani sort vite du carcan de la tradition pour aller explorer de nouveaux horizons musicaux. En 1998, il se produit avec Kétama, le groupe de flamenco le plus populaire et le plus estimé de la planète. Leur album « Songhaï » devient un disque mythique. En 1991, il est le premier à donner un concert de kora au Japon. Au fil des années il multiplie les collaborations avec la crème des musiciens, quel que soient leur style, leur origine géographique ou leur âge : le Blues man Taj Mahal, Ry Cooder, les cubains du Social Club, les rock stars Peter Gabriel, Sting, Damon Albarn, M ou encore l’inclassable islandaise Bjork…

 

 

Mais c’est peut-être dans les deux albums enregistrés en duo avec le grand Ali Farka Touré qu’il est le plus bouleversant. Dans ces de dialogues guitare électrique/ kora, Toumani Diabaté repousse ses propres limites et va à l’essentiel : la musique qui fait battre le cœur.

 


Cheick Tidiane Seck

Esprit ouvert et musicien curieux de tout, Cheick Tidiane Seck fait partie des trésors méconnus du Mali.

 

 

Dès ses débuts, dans les années 70, il devient un des piliers  de la scène musicale de Bamako en intégrant le Super Rail Band, ce groupe légendaire qui révéla Salif Keita, Djelimady Tounkara et Mory Kanté. Mais ses convictions politiques, exprimées haut et fort car Cheick Tidiane n’est pas du style à se laisser museler, ne sont pas du goût de la dictature militaire et le jeune musicien doit s’exiler à Abidjan (grand carrefour de la scène musicale africaine). Puis il part pour Paris en compagnie de Salif Keita et des Ambassadeurs.

 

 

A Paris, Cheick Tidiane Seck toujours ouverts aux rencontres artistiques, devient vite un musicien incontournable des scènes world music et jazz. Et sa réputation dépasse les  frontières. Toutes les frontières : La prestigieuse université UCLA lui demande de donner des master-class sur la musique africaine et on le voit jouer aux côtés de Carlos Santana, Joe Zawinul, Wayne Shorter, Randy Weston ou encore le reggae man Jimmy Cliff…   De ces métissages musicaux va naître un disque historique : en 1995, il rencontre Hank Jones jazzman vénérable qui fut notamment le pianiste d’Ella Fitzgerald et de Charlie Parker. Cheick Tidiane Seck imagine alors un métissage inédit entre jazz et musique mandingue. L’album « Sarala », un dialogue entre claviers afro-américain et africain sur une base de musique traditionnelle, va ouvrir les portes d’un nouveau style : l’Afro jazz. Souvent copié, ce disque demeure une réussite inégalée à ce jour

 

 

Suivront de multiples collaborations, où Cheick Tidiane Seck repousse sans cesse les barrières. Après la musique traditionnelle et le jazz, il se frotte à d’autres styles et d’autres horizons: Hip hop à New York et à Paris, pop rock au Brésil, orchestre classique au Mexique… Son éclectisme, son intégrité et sa personnalité lui valent le respect des jeunes générations.