vendredi 15 mars

Pour sa 1ere soirée, le Fiwa 2019 part de la tradition ancestrale, passe par le dialogue entre les peuples frères pour finir vers la jeunesse, l'Avenir.

Le concert d'ouverture rassemblera la crème des troupes traditionnelles, afin d'accueillir dignement les festivaliers dans cette belle région qu'est le Wassulu.

Lui succèdera la Caravane pour la Paix du festival au Désert, pour souligner à quel point la Paix est un trésor que nous devons préserver collectivement, par des moments qui nous rassemblent quelles que soient nos origines.

C'est très naturellement que Kader Tarahin, l'étoile montante de la musique Touareg, investira ensuite la scène, faisant le liens entre ses frères du désert et le jeune artiste qui clôturera brillamment cette soirée de fête : IBA ONE, le rappeur number 1 du Mali.

Iba ONE

Il est l’un des artistes phare de la scène rap africaine d’aujourd’hui. Né à Kayes en 1989, il grandit loin de ses parents et quoique sa mère ait été chanteuse, sa famille le pousse à suivre des études « sérieuses » (comptabilité et finances) au lieu de faire de la musique. Mais à Bamako, dans son quartier de N’tomikorobougou, le jeune homme rencontre celui qui va devenir son meilleur ami, son alter ego : un jeune joueur de Kora nommé Sidiki Diabaté, fils du grand Toumani Diabaté. Les deux amis explorent vite une collaboration artistique fructueuse, qui les amène à enregistrer en duo des titres de rap qui mêlent hip-hop et traditions mandingues. Le succès est immédiat. Aujourd’hui, les deux compères mènent des carrières solos, mais ils sont tous les deux en haut de l’affiche.

 

Malgré un certain côté bling bling (Iba One est fier de son succès et il n’hésite à le montrer), le jeune rappeur est resté humaniste. Et ses ego trips côtoient les dénonciations des problèmes sociaux, de la pauvreté et une mobilisation pour aider les malades mentaux.

 

Et lorsqu’  Oumou Sangaré lui a demandé de participer au FIWA, il n’a même pas pris une seconde pour réfléchir : il accepté tout de suite avec enthousiasme.

 


Kader Tarahin

Il est l’étoile montante de la musique saharienne. Touareg 2.0, Kader Tarahin (« Kader mon amour » en langue Tamasheq, le surnom que lui ont donné ses fans) s’est fait connaitre grâce au buzz sur le net. Ses chansons parlent essentiellement d’amour et de paix, et ses clips mettent en évidence son physique d’artiste romantique venu du désert.

 

Né à Tamanrasset, en Algérie, il commence sa carrière musicale en 2010 avec le groupe Afous d’Afous. Leur chanson “Tarhanin Tegla” (“Mon amour est parti”) devient vite un succès viral sur les réseaux de vente Mp3 / téléphones mobiles, et dépasse le million de vues sur youtube.

 

En janvier 2017, Kader arrive en solo à Bamako, où il parvient à faire écouter sa musique au président français (en déplacement officiel) et surtout à attirer l’attention de Many Ansar, directeur du légendaire « Festival au Désert » - qui se tenait à Essakane puis à Tombouctou entre 2000 et 2012- et directeur d’Essakane productions qui décide de prendre en main la carrière de l’artiste.

 

Grâce à ce nouvel entourage professionnel, Kader accède aux scènes internationales et se trouve au cœur d’un projet artistique qui va le propulser : un duo avec Sidiki Diabaté, pour promouvoir la réconciliation entre Nord et Sud. C’est devenu un tube, immédiatement été adopté par la jeunesse malienne.

 


Caravane Pour la Paix du Festival au Désert

Entre 2001 et 2012, le Festival au désert a transformé les dunes du nord Mali en une scène prodigieuse où se célébraient la musique et la fraternité entre les peuples. Et puis l’irruption de la guerre et des extrémistes a stoppé net cet événement à la réputation mondiale, qui a permis l’éclosion de la musique touareg, et a fait connaitre des groupes tels que Terakaft, Tartit ou Tamikrest.

 

Lorsque faire de la musique au Nord du Mali est devenu une activité punie de mort par la charia, Manny Asar, le directeur du festival a décidé de résister. Pour continuer à populariser le son du Sahara et militer pour la Paix, il créé deux événement nomades : des concerts « Festival en Exil » dans des festivals européens et américains, et une caravane culturelle.

 

Cette Caravane pour la Paix rassemble des groupes du Nord et du Sud du Mali, plus  des groupes invités issus d’autres pays. Le but est tout autant de diffuser un message festif de tolérance que de collecter des fonds pour aider les réfugiés dans les camps du Burkina et de la Mauritanie.

 

C’est un succès dès la première édition en 2013. Des festivals marocains et le festival sur le Niger de Ségou se joignent à l’organisation.

 

Cette joyeuse caravane, militante et colorée, se joindra à la fête du Fiwa, bâtissant un pont fraternel entre le Sahara brûlant et le Wassulu verdoyant.